« Il y a un être humain derrière chaque photographie. Fragile, orgueilleux, solitaire, concerné, courageux et même parfois naïf… » R. Depardon
Biographie
Raymond Depardon s'intéressa très tôt à la photographie et prit ses premiers clichés dans la ferme familiale du Garet. En 1958 il devint l'assistant de Louis Foucherand. Ce photographe, qui avait beaucoup voyagé et réalisé des reportages pour diverses publications entre les années 1930 et 1960, s'associa avec Louis Dalmas au début des années 60. Raymond Depardon se retrouva dans leur prestigieuse agence comme employé de laboratoire. Cependant, il abandonna très vite cet emploi pour se consacrer au reportage en qualité de pigiste sans un sou vaillant mais porté par sa passion et sa détermination à réussir dans ce métier. En 1960 alors qu'il est toujours pigiste, Louis Dalmas l'envoie, par manque de photographes salariés de l'agence disponibles, couvrir l'expédition SOS- Sahara En cours de reportage, apprenant que trois hommes se sont égarés dans le désert sans vivres et sans eau, il part à leur recherche. Grâce à son opiniâtreté, il les retrouve dans un état proche de l'épuisement en plein soleil avec pour seule protection une plaque de tôle ondulée. Les photographies en noir et blanc qu'il réalise alors sont publiées par Paris match . L'une en couverture, les autres dans un cahier intérieur de 4 pages. Grâce à ce reportage il obtient un premier succès qui marque le début d'une carrière exemplaire qui repose sur le talent, l'intégrité, l'énergie et une grande force de travail. Depardon devient ainsi reporter salarié au sein de l'agence Dalmas et couvre ensuite les conflits ( Algérie et Vietnam ) mais aussi des sujets d'actualité, et traque les 'People' comme un authentique "paparazzi". Ce dernier genre n'étant pas sa tasse de thé… Six ans plus tard, en 1966 il fonde, en compagnie de Gilles caron sa propre agence : Gamma. Source Wikipédia
Ses Photos
1962 Aux pieds du « vrai mur » à Berlin-ouest, des enfants jouent au « mur »
Biafra 1968- 1969
Commentaires de Raymond Depardon lui-même :Il y a un aspect charognard, chez les photographes, il y a l'aspect voleur, l'aspect voyeur : on prend. [...] C'est un aspect du journalisme qu'on ne connaît pas tellement mais qui est résumé dans cette image : un homme, avec une caméra qui est penché comme une espèce de vautour. L'homme à la caméra, c'est moi. La photo a été prise au Biafra, dans les années 1968-1969, au moment de la famine. Quand elle a été faite, elle m'a un peu dérangé, parce que c'est moi qui étais sur l'image, pour une fois, et Gilles Caron a bien senti que c'était une image formidable. Il était un peu gêné pour moi et il m'a demandé s'il pouvait la diffuser. Elle n'a jamais été publiée dans le premier livre de Gilles, et peut-être qu'involontairement c'est moi qui l'ai écartée, elle ne me flatte pas, parce que c'est aussi l'occidentalisme, et le problème est éternel, on peut le défendre, le démolir.
la solitude heureuse du voyageur, notes (Points Seuil)
Afghanistan, 19788,
Errance de Raymond Depardon1999 (Seuil, 2000)
Le livre "Errance" est une commande. Il s'agit pour le photographe de faire un voyage autour du monde en quête du "lieu acceptable". La contrainte c'est de prendre des photos verticale avec l'horizon au centre. Les images sont comme découpées au cutter par les ombres, les blancs ou les câbles aériens. C'est une démarche artistique cohérentes d'une beauté saisissante. Les photos sont accompagnées d'un long monologue sur l'errance mais aussi sur ses expériences passées. Extrait : "L'errance a généré chez moi une nouvelle photo. On cherche toujours comment exister, comment regarder les autres, comment porter un regard sur les gens. Le fait de m'être imposé cette contrainte, ce plaisir et cette joie de l'errance, m'a obligé à faire une photo qui correspondait à la vision que j'en avais."
1983
1989
Commentaire : Tous les pays du bloc de l'Est vacillent. La Hongrie dénonce la faillite du système communiste et ouvre ses frontières. Des milliers d'allemands de l'est s'y réfugient. La contestation gagne et Berlin commence à bouger. Raymond Depardon sent qu'un des moments les plus importants de l'histoire contemporaine est en train de se jouer. Il se rend à Berlin et immortalise la chute de la " honte ". Un jeune homme parvenu à se hisser au sommet de la construction, à cheval sur les deux mondes, hurle sa joie. Son cri attire l'attention du photographe qui sait qu'il a alors un cliché symbole.
Beyrouth. 1991. Azarieh building.
Citations
« On ne revient pas le même après un voyage ; pourtant on a tendance à oublier ce changement, un peu par égoïsme. La photo m'aide peut-être à laisser des traces... »
« C'est même paradoxal, car j'ai un caractère assez casanier, plutôt introverti... confie avec un timide sourire Raymond Depardon. Je ne suis pas du tout le prototype du baroudeur. »
"Il faut être agressif avec soi-même et discret avec les gens qu'on photographie"
Vidéos
Autoportrait de Raymond Depardon, grand reporter-photographe, invité d'honneur des Rencontres de la photographie d'Arles 2006.Vidéo ici "La Vie moderne"Le cinéaste Raymond Depardon commente les portraits de trois paysans de , le dernier volet de sa trilogie sur un monde rural en voie de disparition. Il nous raconte son attachement à ses héros et à leur terre, sa façon de les filmer, pour les restituer le plus fidèlement à l'écran. Dernier épisode : Germaine et Marcel Chalaye, dans leur ferme en Ardèche. Les paysans de Raymond Depardon (3/3) par telerama Rencontre à la fnac Forum le 31 mai 2006 avec Raymond Depardon